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GemmeLiche

Non, les babouches ne sont pas obligatoires

lundi 1er mai 2006, par Cham von Schrapwitz

La vie éternelle en tente plus d’un. C’est fou comme la plupart des mages vieillissants s’accrochent à leur donjon maudit, à leur petit confort bourgeois et à leurs serviteurs veules et sournois. D’ailleurs, si j’entend une seule remarque à mon propos, je serais heureux de vous démontrer la relation qui existe entre mon Staff of Barbecue et vos masses fessières.

Tour de Blizdand, troisième jour de la Décade de Kzaranagax (qui fut lui même une puissante Liche avant de périr, soufflé par le Dragon de Kärshair)

Dès l’origine de la nécromancie sur la Terre de Fangh, des mages nécromants ont tenté de conquérir la vie éternelle.

Dis MJ, je peux être un Dieu steuplai ?

Contrairement à ce qu’on pense, les Dieux du Chaos ne furent d’aucune aide pour ces mortels impénitents, qui relevaient les morts fraîchement tombés ou la sauce de leur Chili avec les mêmes ingrédients. Les Dieux voient rarement d’un bon œil (ou d’un bon tentacule) les mortels qui recherchent la vie éternelle. La suite logique est souvent de se prendre pour un dieu [1]. On tombe sur des individus qui sont frappés du syndrome de William le Fort (oui, Bill est le diminutif de William), et qui arrivent à vous sortir des âneries du genre « un dragon ? Mais tu l’éclate entre deux planètes ! » [2]

L’arrogance des mortels qui arrivent à passer niveau 18 et ouvrir un livre de « Prestige Classes for High Levels Characters » dépasse l’entendement et la patience des Dieux.

C’est pourquoi les magiciens qui recherchent la vie éternelle par lichification doivent savoir qu’ils ne peuvent compter sur l’aide de personne (ou seulement d’aventuriers débiles travaillant pour eux, ce qui revient au même) [3]

La Liche, sa mort, son désoeuvrement

Une liche, c’est un mort vivant « autonome ». En dehors des vampires, qui sont des morts-vivants « maudits » un peu particuliers, la plupart des morts-vivants manquent cruellement d’autonomie décisionnelle : les squelettes, zombies et autres goules sont soumis à des maîtres, et les spectres sont d’ordinaire enchaînés par des malédictions plus ou moins restrictives (genre « tu garderas le tombeau comme une âme en peine en expiation de tes pêchers jusqu’à ce qu’un chauve unijambiste gaucher collectionneur de limaces ne vienne uriner sur ta tombe un vendredi soir de pleine lune »).

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Liche de base
Illus. Guillaume Albin

Les premiers mages qui tentèrent de se transformer en liche, comme le fameux demi-hobbit Fropion ou son serviteur chauve et néanmoins fourbe Deuxmotars, s’aperçurent vite que la transformation posait un problème de taille : pour se relever en liche, il faut d’abord mourir. Jusqu’ici, ça va. Mais ENSUITE, il faut jeter un sort pour se relever soit même d’entre les morts, et... C’est là que ça coince.

Même si le sort pour relever les morts est assez simple (Klatuu, Verata quelque chose...), il faut savoir que le mort-vivant sera soumis à celui qui prononce le sort. Avouez qu’un mage niveau 18 relevé par son gobelin et obligé de rester à son service pour le reste de la vie d’icelui gobelin, ça la fout mal. Surtout quand on connaît les habitudes sexuelles et alimentaires des gobelins.

En fait, la question de la lichification demeura un mythe et une question de nécromancie insoluble pendant des siècles. Il faut dire aussi que la mauvaise réputation de la nécromancie n’arrangea rien. Par exemple, le Congrès Annuel des Nécromants et Nécrophiles était systématiquement pourri par une horde de paladins de Braav’ en quête d’XPs.

C’est à un nécromant du nom de Makash le Fou que revient le mérite d’avoir résolu la question. Je ne vais pas vous faire sa biographie, cela pourra faire l’objet d’un autre article, selon mon humeur. Sachez simplement qu’il passa des années hors de la Terre de Fangh, à errer bien au delà du désert des Plaintes, dans des contrées dévastées par le pouvoir des Dieux du Chaos. Là, il fit des centaines d’expériences avant de résoudre le problème :

Comment se Lichifier

Recette pour une personne

- Un nécromant niveau 15
- Un phylactère (en céramique)
- Un golem
- Les sorts qui vont bien (ne comptez pas sur moi)...
- Un donjon assez solide pour éloigner les aventuriers
- 500 grammes de farine
- Deux bardes de lard

Pour une bonne lichification, le nécromant doit mourir, et faire capter son esprit depuis un phylactère. Il s’agit d’un genre de boite, mais c’est plus noble de dire « phylactère ». Ça fait moins « boite à chaussures ».

Le phylactère sera placé dans un golem quelconque, qui va permettre à l’âme du nécromant de jeter un sort pour se relever lui même d’entre les morts. Après quoi, a l’aide d’un autre sort, il rentrera dans son corps. La farine vous permet d’avoir un teint blafard comme il se doit, et les bardes de lard d’éloigner les gobelins pendant le sort (à quoi pensiez vous ?)

Makash fut vaincu par hasard par une troupe d’aventuriers minables (comme souvent). Il se préparait à tous les envoyer au royaume des morts lorsqu’une Elfe maladroite laissa, de peur, tomber une petite boite en céramique peinte qu’elle venait de prendre sur une étagère, et qui avait capté son attention par son bel aspect et ses teintes turquoises qui iraient bien avec la décoration de son salon.

Les plus éveillés d’entre vous (j’en vois trois) auront compris qu’il s’agissait du phylactère de Markash, qui se changea aussitôt en poussière de momie lyophilisée. L’Elfe mourut quelques jours plus tard d’une triple congestion pulmonaire, n’ayant pas supporté la prise instantannée de six niveaux qu’avait entraîné l’afflux de 28,000 XPs dans son corsage.

Oui mais... Comment on leur pête les dents ?

Si je dois résumer la puissance des liches pour les aventuriers qui sont nos principaux lecteurs, et qui sont hélas bien peu préoccupés par l’histoire et la culture, je dirai que :

Une liche c’est puissant. Les nécromants ont eu une longue vie pour apprendre quantité de sorts bourrins, et leurs capacités à utiliser les vents de la magie pour vous les envoyer dans la face est décuplée par la non-vie.

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Cas rare de Liche Seventies
Illus. Guillaume Albin

Une liche c’est hypnotique. Un seul regard suffit généralement à soumettre celui qui le croise à sa volonté. Et comme c’est un pouvoir de mort-vivant, viser les yeux ne sert à rien.

Une liche, c’est laid, puant, et en perpétuelle décomposition. Makash découvrit avec horreur qu’il avait conquis la vie éternelle, mais pas l’éternelle jeunesse. En permanence, il faut lancer de puissants rituels pour maintenir le corps vaguement en état, et s’oindre de crèmes de jour hors de prix. L’avantage c’est que l’apparence des liches provoque la Peur (TM) et même la Terreur (TM). N’espérez pas aller draguer les Elfettes le samedi soir une fois changé en liche [4].

Une liche, c’est bourrin. La plupart des aventuriers qui arrivent devant une liche périssent, et finissent par la servir. Pourquoi ? Parce que même vaincue, elle se relève. On ne peut pas détruire une « vraie » liche. Elles sont immunisées contre les armes non magiques, ont quantité de protections magiques sur elles, et en plus, elles peuvent adopter des formes éthérées ou autres. Et à la différence des vampires, les symboles sacrés ne leur font ni chaud ni froid. Par contre, si vous trouvez le phylactère et que vous le détruisez, la liche tombe en poussière dans un claquement de doigts, et à l’hilarité générale des Dieux qui regardent par là et se disent que la vanité de ces mortels est vraiment lamentable. Cela dit, ce n’est pas facile de trouver le phylactère, car depuis Makash, les nécromants ont fait des progrès.

Quantité d’aventuriers, comme ceux qui hantent le Donjon de Naheulbeuk, prétendent avoir vaincu des liches à la pelle, ce que les incitent d’ailleurs à faire certains slogans publicitaires douteux qui feraient mieux de s’occuper de découper en tranche des plats cuisinés traditionnels lorrains. En fait, Makash avait eu le temps de gagner une vraie fortune en vendant des « Kits de Lichification » accessibles aux débutants. Un peu de poudre dans un verre de sang, une boite d’allumettes pour mettre l’âme, un peu de glaise pour un minigolem et hop ! Vous voilà une liche.

Le problème c’est que Makash avait oublié de dire deux choses.

D’une part, une liche ne peut plus rien apprendre une fois morte. Donc il n’y a aucun intérêt à devenir une liche si vous êtes niveau 1 biclassé paysan/ébéniste, à part vouloir passer l’éternité à planter des radis et réparer des tabourets.

Et d’autre part, il faut une volonté hors du commun pour résister à l’épreuve que constitue la lichification. Ce qui fait que la plupart des « liches » que l’on croise dans les donjons, comme chez Zangdar, ne sont que des pauvres fous peu puissants, qui sont par conséquent très vulnérables. Des lichettes en somme.

Cham von Schrapwitz, qui va s’en reservir une d’eau de feu...

Jeu de rôle : les liches existent chez nous en plusieurs versions, avec leur gameplay et leurs caractéristiques. Elles peuvent être jouées et affrontées - on les retrouve dans les documents du JDR ainsi que dans le Grand Bestiaire, en pages 300-303.


[1ou de répondre "oui" à la question "es-tu un Dieu ?"

[2Merci à Ghislain au passage

[3l’ordonnateur de la béatitude de Swimaf recherche-t-il la vie éternelle ? Haha je n’en dirai pas plus car... J’en sais rien.

[4d’ailleurs il vous suffit de les regarder pour les soumettre à votre volonté