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GemmeJord’hun, le dieu des potagers

Elle est pas belle, ma binette ?

lundi 15 décembre 2014, par Runegui

En Terre de Fangh, il y a pléthore de divinités de puissances et de tailles diverses. Certaines existent depuis la nuit des temps et sont aussi irréfutables que Lafoune, Braav, Crom ou les dieux du chaos, d’autres s’élèvent et disparaissent au gré des effets de mode. Les Humains et les Elfes se les échangent comme des cartes à collectionner pour gosses et, au final, on ne sait plus vraiment qui est le dieu de quoi et de qui. C’est à peu près le cas pour Jord’hun, le dieu des potagers.

— Discutons des origines —

Jord’hun est une divinité mineure apportée par les Meuldor en terre de Fangh lors de leur premier débarquement. Etant lié aux travaux de la terre (travaux qui par essence font suer sous les bras et vous tordent le dos), seuls les fleuristes et les paysagistes Meuldor lui vouaient un vague intérêt, les miracles qu’il octroyait alors à ses prêtres leur permettant de faire fructifier les plantes sans effort. Les textes les plus anciens font référence au "dieu des petits jardinets bien propres, du gazon toujours vert et des tomates bien mûres".

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Idole humaine typique de Jord’hun
illustration par Guillaume albin

Les sages estiment que le culte humain de Jord’hun est apparu peu de temps après que les Meuldor leur aient enseigné à planter et récolter des trucs à bouffer. Les humains étant des êtres frustres surtout préoccupés par leurs estomacs (et d’autres parties de leur anatomie que je ne nommerai pas), toute la partie sur les petites fleurs et le gazon fut évidemment oubliée, au profit du rendement agricole : obtenir des légumes toujours plus gros, plus goûteux, plus nourrissants. L’âge d’or du culte de Jord’hun s’étend à peu près depuis le milieu du premier âge à l’an 1000 du deuxième, date à laquelle le temple principal de la divinité, situé à Tirlouit, se fit anéantir avec le reste de la ville. Ayant perdu 90% de son clergé en une fois, la réputation du dieu en prit un sérieux coup ; ses oratoirs furent abandonnés, ses temples mineurs pillés et ses secrets oubliés. Aujourd’hui, seuls les hommes-légumes de la région de Tirlouit (et plus particulièrement les hommes-carottes, qui sont les plus civilisés d’entre eux) lui vouent encore un culte actif et l’honorent en accomplissant les rites du grand Pot-au-feu.

— Attributs et Pouvoirs —

Dans ses représentations elfiques, Jord’hun apparaît comme un sage elfe tenant une petite serpe et un pot de fleur. Comme ça ne fait pas sérieux, les humains l’ont doté d’attributs plus adaptés (et pleins de boue) : la pelle-bèche et la fourche-bèche. Dans tous les cas, il est représenté entouré de nains accomplissant diverses tâches laborieuses, comme pelleter le fumier, butter les patates ou défricher les champs. Ce curieux attribut provient en fait d’un détail amusant : les nains détestent l’agriculture parce que c’est un truc de pédale et d’elfe, qui n’implique aucun lattage de tronche et des profits merdiques. Conséquemment, lorsqu’un nain finit en enfer, il atterrit logiquement dans le domaine de Jord’hun, qui l’oblige comme esclave à travailler pour l’éternité dans son jardin céleste. Les rares nains rappelés de leur enfer par point de destin ou résurrection sont tellement traumatisés qu’ils paniquent à proximité des brouettes et des moulins à vent décoratifs.

— Pouvoirs conférés —

Il n’y a plus de prêtres de Jord’hun aujourd’hui, les hommes-légumes étant incapable de faire de la magie, même cléricale, à cause de la malédiction entropique qui les a métamorphosés. D’après les légendes, le dieu donnait à ses fidèles le pouvoir d’améliorer le rendement des jardins potagers, mais aussi de détruire plantes et animaux nuisibles ou de manipuler la boue et le fumier, ou d’invoquer de terribles nuages de gaz de choux pourri. [1]

Si jamais un paladin de Jord’hun devait exister un jour, il aurait les pouvoirs suivants :

- La Main verte (toutes les plantes entretenues par le Paladin sont immunisées aux maladies, nuisibles et champignons)
- Connaissance des herbes et des plantes sauvages (ne concerne que les légumes sauvages et les herbes aromatiques)
- Bonus global de +2 (protection, parade, attaque, dégâts, résistance) contre les monstres végétaux, les vases, les monstres fongiques, les limons et les insectes géants (pas les araignées)
- Haï par les nains : tout nain reconnaissant le paladin comme suppôt de Jord’hun n’aura qu’une envie : lui casser la gueule. Le charisme du Paladin est divisé par deux pour toutes ses interactions avec le peuple verticalement défavorisé.

— Jurons, prières et habitudes —

Les personnes qui croient en Jord’hun prient avant de commencer le labeur du jardin. Ses fêtes sont liées aux activités saisonnières : semailles, récoltes... les oratoires, temples et lieux saints sont bâtis comme des silos, conçus pour accueillir les récoltes et les préserver de la pourriture.

De nombreuses idoles parsèment encore aujourd’hui les sites de jardinage anciens, sous la forme de poteaux de pierre sculptés à l’image du dieu porté par un nain avec une petite brouette. Il est de coutume de déposer dans la petite brouette du nain de Jord’hun un gros seau de fumier et une pièce de cuivre, puis de prier. Si la prière est entendue, l’offrande sera consumée pendant la nuit, et la bénédiction du dieu s’étendra sur les terres. Les légendes prétendent que la pièce de cuivre sert aux esclaves nains du Dieu pour racheter leur liberté et accéder enfin au paradis des nains, à sa bière et à ses bagarres.

Lorsqu’un fidèle jure par son dieu, il est de coutume de jurer "Par tous les nains de Jord’hun". Lorsque le dieu se manifeste, il envoie l’âme d’un de ses esclaves nains pour convoyer son message ; vue la mauvaise volonté du messager, les messages sont souvent mal reçus, déformés ou disséminés dans un chapelet d’injures salées.


[1Techniquement, rien n’empêche la création d’un personnage prêtre de Jord’hun ; mettez-vous d’accord avec votre MJ sur les sortilèges et les miracles à disposition, ainsi que sur les pré-requis et les obligations religieuses.