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GemmeGorgauths et Dalmorgs

Mi démons mi monstres, entièrement dangereux

lundi 22 novembre 2004, par Cham von Schrapwitz

A la suite de mon article sur le terrible Casse Troll, j’ai reçu un abondant courrier me demandant ce que pouvaient bien être les Dalmorgs et les Gorgauths. D’ordinaire, je brûle toutes les lettres de cet acabit, qui ne sont que l’illustration d’une ignorance crasse et feignante.
Toutefois, j’en ai un peu assez que ma boite aux lettres soit constamment pleine de ces missives quémandeuses. J’ai donc décidé de vous résumer en quelques mots ce que sont ces monstres aussi sanguinaires qu’inhabituels.

Tour de Blizdand, 5e jour de la décade des géraniums gelés, Cité de Waldorg

Bon, résumons nous :

Dalmorgs et Gorgauths appartiennent à la semi-catégorie des êtres transnaturels.

Vous voilà bien avancés.

Au-delà de ce néologisme douteux, ils illustrent combien sont réductrices les catégories prédéfinis par certains clercs à l’esprit borné ou certains mages à la réflexion étroite [1].

En effet, on dissocie d’ordinaire les "vivants" et les "démons" comme faisant partie de deux mondes différents, assez peu en contact au grand soulagement des premiers et à la grande tristesse des seconds. Malgré les possessions par le démon de minuit, le démon du jeu et le démonte pneus, voilà belle lurette que leur influence décline. Seul Poilaff le démon des blagues pourries et renégat de Keskonspwale parvient encore à venir nous troubler sérieusement, mais je vous en parlerai une autre fois.

Pour faire simple et ne pas vous embrouiller, disons que les "vivants" demeurent sur le plan de l’existence, et que les "démons" sont résidents d’un des plans infernaux du Chaos. Ou alors du plan de l’Ordre Infernal [2].

Si vous éprouvez quelque angoisse à voir surgir un démon dans votre plan d’existence, essayez d’imaginer un instant quels sentiments vous pourriez éprouver si vous, être vivant, vous étiez projeté dans un plan infernal. [3]
Rassurez-vous, seuls certains mages puissants peuvent vous jouer ce tour, qui est généralement très bref. La durée de survie d’un être humain ordinaire dans un plan infernal n’excède pas 0,3 millisecondes. Sa durée de souffrance va de 0,3 éternité à 1,8+2d4 éternités. Et l’éternité c’est un peu long, surtout vers la fin.

Pourquoi est-ce que je vous raconte tout cela ? Pour que vous compreniez bien que démons et vivants ne se mélangent PAS. Jamais, du tout, pas possible !

Bon. Et bien maintenant, oubliez ce que je viens de dire.

Les Gorgauths et les Dalmorgs sont les principales espèces connues d’êtres vivants ET démoniaques. Comme quoi, le Chaos est impossible à catégoriser de manière précise et stable.

Ces êtres détestables furent sans doute engendrés à l’Ère du Chaos, lorsque les Dieux majeurs s’amusaient à créer un peu n’importe quoi sur la Terre de Fangh [4].

Gorgauths et Dalmorgs sont des portes dimensionnelles à eux seuls, car leur essence vibratoire existe sur deux plans en même temps et aucune complètement. C’est impossible à comprendre pour nous autres, mages supérieurs, alors n’espérez pas faire mieux de votre côté.
Parmi les nombreuses conséquences ennuyeuses qui découlent de cette "double existence unique", on note en particulier une immunité aux armes non-magiques. Heureusement (pour moi) compensée par une extrême vulnérabilité à tout ce qui est magique. Un simple"canif +0,5" est généralement suffisant pour s’en débarrasser, alors qu’une épée à deux mains les traverserait sans les abîmer. Soi la plus minable boule de feu tiède les pulvérise rapidement, le moindre sort de soin jeté sur eux par erreur décuple leur puissance. Alors soyez circonspect [5]

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Gorgauth en quête de sang
Illustration : Guillaume Albin, éditions Le Grimoire

Les Gorgauths sont le plus souvent de grosses boules de muscles ovoïdes, dotés d’un nombre d’yeux variables (disons 1d4+1). Ils ont cinq pattes pleines de griffes acérées, et une bouche démesurée, pourvue de dents coupantes comme des rasoirs Durandil [6]. Ils portent des cornes démoniaques, des écailles acérées, de longs poils noirs sous le ventre et des oreilles pointues comme celles des Elfes [7].

Les Dalmorgs sont sensiblement similaires, mais n’ont que trois pattes et une paire d’aile ridiculement petite, mais qui leur permet de se sustenter dans des bonds incroyablement longs (ou des vols courts, c’est selon).

Dans les deux cas on trouve des individus mauves, bleus, jaunes, rouges, violets... Aucune couleur ridicule ne semble avoir échappée à ces ennuyeuses bestioles.

Ces créatures sont agressives, et vivent dans des terres sauvages et reculées. Souvent cantonnées dans de profondes grottes ou dans des marais obscurs, elles en sortent parfois pour chasser. Mieux vaut alors se souvenir que parfois le salut est dans la fuite (surtout si vous n’avez aucune arme magique et aucun sort sous la main).
Un bon moyen de les calmer est de leur donner à manger un des membres du groupe. Autant les Trolls ont une prédilection pour les elfes, autant les Gorgauths et les Dalmorgs se délectent des semi-hommes crus, arrosés d’un trait d’huile d’olive [8].

Leur régime alimentaire est strictement omnivore, avec une préférence pour la viande crue et les os qui craquent sous la dent. On ne sait pas très bien pourquoi des créatures mangent, si c’est par faim ou par cruauté, mais elles sont capables d’engloutir facilement un ours, un sac de cinquante kilos de granite ou une famille d’elfes avec la même voracité.

Bien entendu, leur sang, leurs dents, leurs yeux et leurs griffes sont très recherchées par les magiciens. Ils entrent dans la composition de nombreux sorts et potions, et sont d’autant plus coûteux à l’achat qu’ils ne se conservent pas très longtemps : l’instabilité de la créature entre deux plans cesse assez rapidement après sa mort, et les propriétés magiques qui en découlent cessent aussi.

Un dernier mot : il semble que les orques et les gobelins apprécient le Gorgauth grillé aux herbes des marais... Pour ma part je préfère griller les orques et les gobelins avec un bon blazing scraming skull of despair et manger du lièvre aux pruneaux.

Cham von Schrapwitz, Mage de l’inutile et du superflu.

Jeu de rôle : ces opposants, avec leur gameplay et leurs caractéristiques, peuvent être joués et affrontés - on les retrouve dans les documents du JDR ainsi que dans le Grand Bestiaire, en pages 272 et 268.


[1suivez mon regard un peu partout

[2oui promis, j’en parlerai un jour, de ces démons du rangement qui planquent vos chaussettes pour votre soi-disant bien. Ils prennent souvent possession de l’âme des mères de famille quand elles rentrent dans la chambre de leurs enfants, mais passons

[3pardon à nos amis morts-vivants supérieurs qui lisent cet article - enfin à ceux qui utilisent encore leurs yeux -

[4amis Nains, c’est votre paranoïa naturelle qui fait que vous vous sentez visés

[5je me demande quel imbécile a bien pu jeter un sort de soin un jour à un Dalmorg pour qu’on connaisse les effets produits...

[6je ne vois pas pourquoi il n’y aurait que Yilkinson TM qui ferait à la fois des lames de rasoir et d’épées

[7la ressemblance, objectivement, s’arrête là, quoi qu’en pensent les Nains

[8pour la préparation c’est comme pour la salade de cèpes. Si vous avez un peu de temps, du persil frais et un jus de citron vert ajoutent beaucoup à la qualité du plat